lundi 17 janvier 2011

2011

Elle :
Le temps est à la fête.
Aux étreintes et aux explosions de joie!
Ils y sont arrivés.
Main dans la main.
Le cœur battant.
Ils ont franchis l’année.
Ils ont traversé les tempêtes et les coups de grisous.
Ils ont traversé les éclats de rire et les bisous aussi.
Ils en avaient l’intuition, maintenant ils en sont certains.
C’est en équipe, ensemble et dans la même surtout, qu’ils sont plus forts, plus beaux et braves.
C’est la veille de la nouvelle année. Ils sont partis vers ce lieu calme et feutré. Se sont installé. Ils ont bu et mangé et ils se sont embrassés. Ils aiment tant le faire. Du bout des doigts ils se caressent la main. Avec des mots tendres ils ont fait un bilan de l’année qui vient de passer.  Émotifs, fragiles tout en étant solides, ils ont refait le tour des écueils, des tristesses, des promesses non tenues. Mais ils se sont bien plus attardés aux moments doux, tendres, drôles, loufoques, aux instants volés au quotidien, qui amènent vers l’amour encore plus profond qu’ils imaginaient à pareille date l’an dernier. Ils sont heureux. Ils se savent chanceux, même s’ils savent le prix de cette chance et qu’au fond, la chance n’y est pas pour grand-chose. Même les grands amours doivent être moulus au travail et aux choix déchirants. Et grand amour il y a, ils ne se posent plus la question. Et juste pour ça, ils relèvent la tête et font tinter leur verre de rouge. Rouge comme ses joues à elle, rouge comme la passion qui l’habite lui, rouge comme le sang dans leurs veines qui coule plus vite, car leurs cœurs battent la chamade.
Après le bilan, le repas et les étreintes, ils sont allés vers la fête, mais un peu en retrait. Car ils aiment tant se retrouver seuls. En plus, c’est dans « leur » parc qui l’amène. Un peu au hasard, ils se retrouvent devant des feux plus grands que nature, des feux qui sous le coup de minuit, brûlent les misères et enflamment les rêves et les désirs pour la nouvelle année.
Elle est émue, et heureuse. Elle est à la bonne place au bon moment. Pour la première fois depuis ses 39 hivers qu’elle est née, elle a le sentiment d’être ancrée solidement dans sa vie, que des racines ont poussées, non pas dans un lieu, mais sous ses pieds. Elle est là, solide, amoureuse et aimé.
Il est charmé et heureux. Il la regarde verser des larmes de bonheur en regardant les rouges et les dorés qui embrasent le ciel de Montréal. Il est ému d’être à ses côtés, de se sentir solide sa main dans la sienne.
2011 sera une bonne année.
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Lui :
Dans moins d’une  heure, l’année sera terminée. Ils ont marché dans la ville, longtemps. La pluie est froide. On se serait attendu à de la neige mais allez savoir… Le climat est capricieux.
Se tenant la main, ils sont à l’abri de tout. Une bulle de bien-être, du champagne plein la tête, ils flottent sur un nuage.
Ils ont fait de la photo, et se sont retrouvés dans un café bar pour faire le bilan. Le barman les a reconnus. Ils étaient là, l’année d’avant… L’expérience leur a plus, ils en ont fait une tradition.
Ils iront brûler ce qu’ils ont détesté de 2010, et garderont sur leur cœur les nouveaux objectifs pour 2011. Ils ont parfois rigolés en voyant leurs attentes de l’année précédente, mais sont plutôt satisfait du résultat. Ils ont le sentiment du devoir accompli.
Enfin la journée est terminée.
Bien couché dans un lit douillet, un peu éreinté par le boulot, il éteint la lampe de chevet.
L’obscurité envahit la chambre, mais se trouve vite repoussée… Montréal refuse de dormir. Sa lumière est perpétuelle. L’hiver, le ciel est luminescent, se voile de teintes orangés qu’on peut voir des kilomètres à la ronde, même une fois rendue à la campagne.
Montréal est comme un enfant, elle veut tout voir, ne rien manquer.
Un soupir, une compagne qui s’étire, une chatte qui ronronne.
Ils ont formé une famille reconstituée, et sont arrivés avec leurs chats respectifs.
Les enfants dorment à poings fermés. C’est l’heure pour les souris, le moment d’enfin pouvoir danser.
En chemin pour le vieux port, ils croisent des fêtards et des couples. L’atmosphère est palpable, vibrante, presqu’inquiétante. Mais ils savent qu’ils sont en sécurité. On sent que quelque chose d’important se prépare.
Ils se trouvent un coin, un peu en retrait, et attendent que l’année se termine.
La fête bat son plein, de l’autre côté du fleuve.
Ils ont voulu éviter la foule, pour préserver leur intimité et vivre ce moment avec beaucoup d’espace pour goûter goulument chaque parcelle, chaque saveur, sans contraintes. Ils entrent dans le nouvel an par la grande porte.
Une main qui frôle les hanches, une caresse dans le cou. D’autres soupirs.
Le cœur qui palpite… Un chemin connu, mais qu’on redécouvre à chaque fois. Une ascension vers le plaisir sur la route du désir.
Les corps se collent, se fusionnent. Les rythmes cardiaques s’emballent. Les regards s’embrasent.
On entend dans la pièce, les souffles rauques qui s’essoufflent et les chairs qui se lamentent, en équilibre sur cette mince frontière qui sépare la douleur et le plaisir.
Des baisers déposés, d’abord sur la nuque, puis pleuvant un peu partout, mitrailleuse charnelle visant à toucher l’autre dans ses recoins les plus intimes.
Le temps s’estompe, ils sont perdus dans le tumulte et la houle de leur désir qui ne cesse de grandir. Ils sont perdus, l’un dans l’autre, et leur bonheur consume leur âme dans une explosion terrible. Puis leurs cendres retombent… Ils sont brisés. Anéantis.
Une trainée de lumière s’élance dans le ciel, suivit d’une déflagration. Il est minuit!
Des centaines de feux d’artifices volent dans tous les sens.
Parfois, Montréal prend des allures de Bagdad pendant un barrage de feu anti-aérien, mais sans morts ni dégâts, sinon l’extase et le grandiose impressionnant d’un spectacle pyrotechnique sans précédents. Ils sont émus. Ce spectacle est pour eux, pour partir en grande et embarquer dans 2011 vers une nouveau voyage. C’est au-delà de leurs attentes.
Les couleurs, les explosions, ne cessent d’aller en s’accentuant, de plus en plus audacieux, repoussant sans cesses les limites du raisonnable. Quel paroxysme, ils s’étreignent, muets, submergés, soudainement conscient de leur bonheur, de cette chance d’être ensemble et de partager ce moment unique.
Doucement, ils renaissent, comme le phœnix. Puis se demandent en rigolant s’il serait raisonnable de recommencer.
Enlacés tendrement, ils se laissent enfin cueillir par le sommeil… Demain est une autre journée.
Un peu étourdi, ils réalisent que le spectacle est terminé. Ils entendent les cris de joie et les applaudissements dans un étrange brouillard, au travers d’un rêve troublant, mais agréable.
Ils retournent doucement chez eux. Bercés par toutes ces images, ainsi que les promesses de prospérité et de bonheur d’une nouvelle année.
2011 est commencé.

2 commentaires:

Hala M* a dit…

J’aime vous lire. Vous êtes pour moi une porte qui s’ouvre vers le monde des contes de fées. Et rien que pour ce souffle de rêves, je vous remercie.
Bonne année 2011…

Les Réflecteurs a dit…

Nous aimerions que tu saches que ta présence sur notre île, dans nos délices, nos délires, dans nos coups de gueule et nos rêves nous ravit.
Nous admirons beaucoup ton blog et aimons venir y lire.
Merci de tes visites et ton assiduité, malgré nos absences prolongées...
Bonne journée.